"Self unfinished (1998)" in VIVAT LA DANSE !

Publié le par LE VIVAT

"Self Unfinished" (1998)


Xavier Le Roy

A la salle des fêtes de l'EPSM d'Armentières

lundi 2 février à 20h / Réservez ici
Cette pièce sera suivie de "Les inconsolés" (de Alain Buffard) au Vivat.


Une chaise, un bureau, une bande sonore qui ne démarre pas. Un danseur, en chemise, imite, avec de forts bruitages, le déplacement d'un robot. Un propos fort compréhensible, voire conventionnel, avant que la pièce de Xavier Le Roy (1963, France) ne bascule dans un saisissant espace mental. Cul par-dessus de tête, le corps de danseur se métamorphose en temps réel en une série d'aberrations morphologique hallucinogènes, les images d'un organisme qui reconstitue sa forme suivant des lois inconnues et selon un rythme inquiétant et inhumain. Il fait de longues stases, de déplacements infinis et commence à ramper brusquement. Au-delà de la torsion qu’il effectue sur le "spectacle de danse", Xavier Le Roy ouvre un champ inédit où des données scientifiques et sociales se transfèrent et s’impriment dans l'imaginaire des représentations du corps. François Piron dans le journal des arts de Connivence, 6e biennale de Lyon

Laissez moi prendre l’exemple d’un autre chorégraphe: Xavier Le Roy. Il se déplace en deçà du langage. Voyez son célèbre solo, Self Unfinished. Son attention porte sur les isomorphismes des extrémités corporelles. Il plie son corps de façon à réellement comprendre que celui-ci possède une histoire cellulaire. Son travail m’a permis de comprendre effectivement que c’est une chose miraculeuse si la tête se trouve au sommet des épaules, et les pieds en dessous des hanches… Et donc, de manière tout à fait consciente et délibérée, il a créé une fugue des possibilités isomorphiques du corps. A la fin du spectacle, il nous restitue le corps humain sous sa forme méconnue. Et j’ai senti qu’il nous offrait l’occasion d’assister à la création en train de s’écrire, parce que la majeure partie de la création se situe à un niveau biologique. Nous voici arrivés à ce point précisément où ce qui pourrait être dit n’est pas d’ordre technique: c’est juste évident pour le corps. La chorégraphie de Xavier Le Roy montre une évolution du corps qui va de soi. Extrait de "Forsythe, Révolution de Principe" mouvement n°18, septembre/octobre 2002



Ci-dessous, une vidéo de wedodance (des amateurs qui "reprennent" des chorégraphies !)


Il n’est pas tellement important comment on décide de désigner cette pièce, si on continue de l’appeler danse ou si on préfère le nommer l’art performatif. Il s’agit d’une espèce d’élargissement de l’art vers une nouvelle dimension, qui n’est pas simplement corporelle. Xavier Le Roy n’est pas juste un chorégraphe imaginatif (il faut utiliser ce terme pour le moment, car il en manque un meilleur pour désigner les créateurs comme Le Roy), mais également un artiste de performance extraordinaire et spectaculaire. Son dos nu est des fois plus expressif que certains visages. Au cours de spectacle entier on a pu entendre une épingle tombant sur le sol. Jochen Schmidt Frankfurter Allgemeine Zeitung 26.11.98

"Self-Unfinished" — une performance célèbre de Xavier Le Roy de 1998, finalement présentée à Zurich dans le cadre de "Körperszenen" (organisé par "TheaterNeumarkt") — est un travail qui explore les transformations de la matière et en même temps défie les habitudes visuelles ainsi que théâtrales. Ce Français qui vie Berlin est— avec son compatriote Jérôme Bel et l’Américaine Meg Stuart —un des créateurs de danse qui commence, dans les années quatre-vingt-dix, à questionner l’originalité du corps, examine le perte d’identité et le point de croisement entre "avoir" un corps et "être" un corps. Comment est-il possible d’exprimer la perte de contrôle? Le corps semble ne plus être capable de soutenir l’inscription des messages, mais devient plutôt une chose décomposée qui se transforme continuellement en fonction du point de vue. Et le corps de Xavier Le Roy semble bien avoir un centre visible, mais pas de tête. Il s’agit évidement d’une illusion — c’est exactement la tête qui fait bouger cet organisme au sens physique ou mentale. L’art de la danse n’arrivera jamais à dépasser ce dilemme, mais au moins "Self-Unfinished" de Xavier Le Roy le rend visible. Lilo Weber Neue Zürcher Zeitung 26.02.01
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Publié dans Spectacles

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