"Bad seeds" de Laure Bonicel
“Bad seeds”, Compagnie Moleskine, Laure Bonicel
mardi 17 mars à 20h30 au Vivat
Réservations ici
Le site de la compagnie par ici
Paysages humains, paysages dansés
mardi 17 mars à 20h30 au Vivat
Réservations ici
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Dans cette vision d’un réel revisité, réinventé, fantaisiste, et fantasmatique apparaissent des créatures hybrides, les BAD SEEDS (mauvaises graines). Leur présence semble modifier les échelles et affirmer des perspectives étranges. Elles construisent des images aux reliefs fantasques.
Par le nombre, le multiple, les BAD SEEDS agitent l’espace, l’occupent, l’envahissent, le limitent. Mais l’agencement des corps n’est jamais fixé. Tout bouge, tout change. Les BAD SEEDS se regroupent, s’accolent, s’assemblent, se massent, forment une farandole, se propagent, se dispersent. Jamais elles ne valident les zones d’occupation. Elles font, défont, refont, ailleurs, plus loin. (...) Courir, s’allonger sur le ventre, attendre l’autre, les autres, se mettre en formation.
Domine chez cette espèce vagabonde un désir de conquête. Insaisissables, intrigantes, insensées, les BAD SEEDS sont toujours dans un ailleurs.
Par le nombre, le multiple, les BAD SEEDS agitent l’espace, l’occupent, l’envahissent, le limitent. Mais l’agencement des corps n’est jamais fixé. Tout bouge, tout change. Les BAD SEEDS se regroupent, s’accolent, s’assemblent, se massent, forment une farandole, se propagent, se dispersent. Jamais elles ne valident les zones d’occupation. Elles font, défont, refont, ailleurs, plus loin. (...) Courir, s’allonger sur le ventre, attendre l’autre, les autres, se mettre en formation.
Domine chez cette espèce vagabonde un désir de conquête. Insaisissables, intrigantes, insensées, les BAD SEEDS sont toujours dans un ailleurs.
Une danse en vert et contre tout
Laure Bonicel présente BAD SEEDS (Mauvaises Graines) au Centre Pompidou.
Cette chorégraphe, interprète entre autres, d’Anne Teresa de Keersmaeker, de Mark Tompkins et d’Odile Duboc, nous avait habitués à une critique résolue du paraître avec des œuvres comme Untitled 1, Manureva et Duplex. C’était aussi le cas dans Millefeuille, où les corps des danseurs se glissaient et disparaissaient dans des sacs de couchage. Impossible de savoir qui du corps ou du paquetage était le plus vivace tant ils se tricotaient ensemble à dessein. C’était une débauche d’apparence épidermique avec peaux mortes, desquamations, voire placentas
suggérés par analogie.
Cette fois, avec BAD SEEDS, Laure Bonicel délaisse l’individu replié sur lui-même pour envisager un thème proprement collectif. Les neuf interprètes (cinq filles et quatre garçons) évoluent à l’unisson dans la pénombre à peine trouée par des spots de faible intensité, au fil de courses rapides exécutées de la périphérie vers le centre du plateau. On les retrouve ensuite tous au sol à créer d’épisodiques agrégats de corps qui, de loin, font penser à des germinations de plantes accélérées. Chacun tend ses bras vers le voisin dessinant au sol un lacis de membres grouillant. Puis les neuf, debout à présent, étirent vers le ciel leurs mains aux doigts écartés comme des branches. Enfin, des accessoires font leur entrée : perruques jaunes et vertes, masse de faux cheveux longs de deux mètres, costume en papier froissé... Les corps semblent de caoutchouc. L’animal se met à percer sous le végétal esquissé au début de la pièce.
Une fois encore chez Laure Bonicel, corps et visages sont désacralisés par une danse qui met à distance l’être tout entier. BAD SEEDS suggère aussi, au vu d’une danse délibérément gauche, que les danseurs constituent un petit peuple de rebuts, de la mauvais graine, quoi.
Cette chorégraphe, interprète entre autres, d’Anne Teresa de Keersmaeker, de Mark Tompkins et d’Odile Duboc, nous avait habitués à une critique résolue du paraître avec des œuvres comme Untitled 1, Manureva et Duplex. C’était aussi le cas dans Millefeuille, où les corps des danseurs se glissaient et disparaissaient dans des sacs de couchage. Impossible de savoir qui du corps ou du paquetage était le plus vivace tant ils se tricotaient ensemble à dessein. C’était une débauche d’apparence épidermique avec peaux mortes, desquamations, voire placentas
suggérés par analogie.
Cette fois, avec BAD SEEDS, Laure Bonicel délaisse l’individu replié sur lui-même pour envisager un thème proprement collectif. Les neuf interprètes (cinq filles et quatre garçons) évoluent à l’unisson dans la pénombre à peine trouée par des spots de faible intensité, au fil de courses rapides exécutées de la périphérie vers le centre du plateau. On les retrouve ensuite tous au sol à créer d’épisodiques agrégats de corps qui, de loin, font penser à des germinations de plantes accélérées. Chacun tend ses bras vers le voisin dessinant au sol un lacis de membres grouillant. Puis les neuf, debout à présent, étirent vers le ciel leurs mains aux doigts écartés comme des branches. Enfin, des accessoires font leur entrée : perruques jaunes et vertes, masse de faux cheveux longs de deux mètres, costume en papier froissé... Les corps semblent de caoutchouc. L’animal se met à percer sous le végétal esquissé au début de la pièce.
Une fois encore chez Laure Bonicel, corps et visages sont désacralisés par une danse qui met à distance l’être tout entier. BAD SEEDS suggère aussi, au vu d’une danse délibérément gauche, que les danseurs constituent un petit peuple de rebuts, de la mauvais graine, quoi.
Muriel Steinmetz // L’Humanité // 10/02/2009
Paysages humains, paysages dansés
La chorégraphe Laure Bonicel compose des paysages avec les corps de ses danseurs. Sa pièce : BAD SEEDS (Mauvaise graine) met en mouvement neuf danseurs qui, comme les plantes dans la nature, changent d'aspect en permanence, au fil des saisons et des latitudes. Formée au CNDC d'Angers et à la prestigieuse école de Teresa de Keersmaeker, d'Odile Duboc et de Mark Tompkins se veut autant plasticienne que chorégraphe. Dans leur course effrénée où les « graines » essaiment à tous les vents, les danseurs dessinent une géographie précise dans l'espace d'éphémères traces, de nettes figures géométriques. Selon les séquences, le temps se resserre ou se dilate comme dans un film japonais. Parfois les « plantes » sont comme ivres. C'est le temps de la survie dans des milieux difficiles où malgré l'échange d'énergie symbolisé par les membres qui se lient en réseau, la dégénérescence survient. D'autres fois, bras et jambes, corps enchevêtrés, figurent des arbres morts, forment un buisson impénétrable. La sève se transmet de l'un à l'autre au gré des mains qui se lient. Aucune vie n'est possible sans la solidarité du groupe, à l'opposé de toute compétition, précise la chorégraphe. Le message est donc aussi politique dans cette création présentée jeudi soir au CDC dans le cadre du festival « C'est de la danse contemporaine ». Pour ce spectacle à résonance écologique ; l'aventure se poursuivra à Blois, au Centre Pompidou, à Armentières, et à Grenoble.
Annie Hennequin // La dépêche du midi // 25/01/2009
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