Lectures autour de Blanche-Neige et Robert Walser
Claude Degliame & Sylvie Reteuna étaient sur le plateau du Vivat le 16 janvier dernier pour une présentation de cet auteur et la lecture de quelques uns de ses textes.
La création “Blanche-Neige” de Sylvie Reteuna aura lieu les 2-3-4 avril 2009 au Vivat.
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Issu d'une famille de huit enfants, Walser quitte l'école à quatorze ans et le domicile familial à dix-sept. Il voyage beaucoup et s'essaie sans succès au théâtre. Il démissionne de ses emplois dès qu'il estime avoir fait suffisamment d'économies et écrit alors de la poésie jusqu'à l'épuisement de ses ressources, et ainsi de suite. Dans sa quête poétique, Walser exerce ainsi de nombreux métiers, qui inspireront certains de ses plus grands textes : domestique, secrétaire, employé de banque...
Il commence par publier des poèmes dès 1898, puis des dramolets et des proses. Son premier recueil de proses paraît en 1904 – Les Rédactions de Fritz Kocher (Fritz Kochers Aufsätze) – mais le succès, ou tout du moins la possibilité de vivre de sa plume, se fait attendre. Il loge à Berlin chez son frère, le peintre Karl Walser dont il dressera un portrait doux-amer dans la nouvelle Une vie de peintre (dans le recueil Seeland, 1920). Entre 1907 et 1909, il rédige et publie trois romans : Les Enfants Tanner (Geschwister Tanner) en 1907, Le Commis (Der Gehülfe) en 1908 L'Institut Benjamenta (Jakob von Gunten) en 1909. Un recueil des poèmes de jeunesse paraît, également en 1909.
Il obtient un vif succès dans le milieu littéraire berlinois et recueille l'admiration des plus grands écrivains de l'époque, dont Robert Musil. À Prague,le jeune Franz Kafka se dit fasciné et marqué. Cependant, Walser fuit Berlin pour s'installer à Bienne en 1913. Les raisons de son retour en Suisse sont mystérieuses. Il l'explique par son besoin de calme et de sérénité pour écrire. En réalité, il semble avoir traversé une période de dépression. Pendant les sept années biennoises, Walser publiera 9 livres, essentiellement des recueils de proses brèves ou de nouvelles - Histoires (Geschichten) en 1914, Vie de poète (Poetenleben) en 1917, La Promenade (Der Spaziergang, intégré au recueil Seeland en 1920). En 1921, Robert Walser s'installe à Berne. Même s'il vit en marge de la société en général et de la vie littéraire en particulier, les années 1924 à 1933 comptent parmi les plus fécondes de l'écrivain. De Berlin à Prague et Zurich, des centaines de ses petites proses, poèmes et scènes dialoguées paraissent dans la plupart des grands journaux du monde germanophone. Durant ces années d'intense productivité, il développe une méthode d'écriture en deux temps, les « microgrammes ». Un dernier recueil de proses, La Rose (Die Rose) paraît en 1925 ; la grande masse des textes de Walser reste éparpillée, et ne sera rassemblée qu'après la mort de l'écrivain.
En 1929,Walser entre dans la clinique psychiatrique de la Waldau, à Berne, où il poursuit son travail de "feuilletoniste". Il cessera d'écrire en 1933, après avoir été transféré contre son gré dans la clinique psychiatrique d'Herisau où il séjournera jusqu'au jour de Noël 1956 où, quittant la clinique pour une promenade dans la neige, il marchera jusqu'à l'épuisement et à la mort. Son ami Carl Seelig a rendu compte des conversations menées avec l'écrivain pendant ces années de silence dans ses Promenades avec Robert Walser.