Le nom sur le bout de la langue
Au Vivat mardi 6 janvier à 20h30 / Réservez ici
Marie Vialle et son violoncelle donnent corps et images à trois contes de Pascal Quignard, tous concernant l'origine de la voix. Dans "Fête des chants du Marias", la mue fait perdre au jeune garçon la voix. Le deuxième conte, "Paradis", est consacré au coït et au cri qui le trahit. Dans "Le nom sur le bout de la langue" enfin, le nom propre se perd dans l'effroi. Comme dans la mort...
D’abord un violoncelle, Bach. Puis une voix de femme, douce. Le violoncelle et la voix humaine s’unissent. Une femme apparaît dans le plus simple appareil, derrière son violoncelle, enveloppée dans la pénombre. De la comédienne enlacée à son instrument, on devine les jambes et l’arrondi des épaules, mais c’est d’emblée son visage qui capture les regards. Puis ses vêtements lui tombent du ciel. Elle cesse de chanter, pour dire des histoires : trois contes écrits par Pascal Quignard, Fête des chants du marais, Paradis et Le Nom sur le bout de la langue. Trois histoires qui n’en forment à vrai dire qu’une seule puisqu’elles concernent toutes les trois l’origine de la voix… Trois histoires qui tiennent à des riens : une petite brodeuse, une ceinture, une pomme, le nom oublié d’un cavalier en cape blanche… D’une simplicité superbe et savante, elles invitent à pénétrer dans le domaine non pas du fantastique ou de l’irréel, mais du merveilleux. Pour les raconter, Marie Vialle se déplace à la frontière du théâtre et du conte. L’art de l’actrice est de plonger dans ces univers étranges, parfois terribles, en leur opposant douceur et pureté. Sa grâce infinie lui permet de réaliser ce moment miraculeux. Théâtre-contemporain.net
"Le nom sur le bout de la langue" : Histoire d'une promesse faite au diable, en échange d'un immédiat bienfait, et histoire dont l'imprudente qui a promis va s'en délivrer, c'est d'abord un conte, un vrai conte, de ceux que l'on trouve dans les collections de notre enfance. C'est aussi un conte pour adultes, car ce qui est en général à lire entre les mots dans ceux qui lui ont servi de modèle est ici violemment sensible, ou présent, affleure sans cesse à la surface du récit : si l'enjeu de la promesse est l'âme de celle qui doit la tenir, il est aussi son corps. Le texte du conte se place sous le signe de cette double possession, il en redouble l'intensité. Mais le prétexte, à savoir le souvenir que l'héroïne doit absolument garder d'un nom qui va devenir « le nom sur le bout de la langue », ce prétexte élargit le conte médiéval aux dimensions d'une réflexion sur la langue, son défaut. Réflexion qui alimente la dernière partie du livre en un « petit traité » où Pascal Quignard plonge à la fois dans sa biographie et dans notre culture pour analyser ces moments de stupéfaction où nous disparaissons dans le mystère de la langue. Texte de présentation des Edition POL